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15/12/2005

LE LION ET LE LIONCEAU

Je suis, affirme le lion, le roi des animaux.
Sous ma coupe se tiennent rapaces et agneaux.

Maître de la savane, du haut de ma crinière,
De la race des seigneurs, je suis à ma manière.

Je veille, sans faillir, au bien de mes sujets
Qui me doivent, en retour, allégeance et respect.

Les lionnes je courtise, les panthères ne dédaigne,
Car, en toute équité, et pour que l’ordre règne,
Il convient qu’en tout lieu, et à chaque moment,
J’évite à mes sujets le moindre des tourments.

Ma tanière est spacieuse, ouverte au visiteur,
Accueillante au mendiant, fermée au profiteur,
Et si, par hasard, un importun venait,
Il serait éconduit, derechef, sans délai.

Lors qu’un fier lionceau un jour lui contestait
Plutôt sa vie facile que son autorité,
Il répondit, très vif, sans mollir ni attendre :
Si je suis le plus fort, c’est pour mieux vous défendre !

Fougueux et généreux, le prétendant rival,
Non content de son fait, et sans penser à mal,
Rétorqua, mot pour mot, en somme bon apôtre :
Mieux vaut servir les autres, que se servir des autres !

14:05 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : poésie

Du complexe d’Œdipe au modèle épiphyte

Avec son complexe d’Œdipe, Freud a gâché des générations de managers.
Rappelons les faits mythologiques : l’oracle de Delphes ayant prédit à Laïos, roi de Thèbes, que son futur fils tuerait son père et épouserait sa mère, celui-ci abandonna le bébé Œdipe à sa naissance et par une succession de concours de circonstance, la prédiction se réalisa.
Pour Freud, ce schéma étant irréversible, la mort du père habite l’inconscient de chacun.
Appliqué dans la famille, cela voudrait dire que tout père, inconsciemment, sent dans ses enfants une menace pour son autorité.
Appliqué dans l’entreprise, cela voudrait dire que tout manager, inconsciemment, sent dans ses collaborateurs un rival potentiel prêt à le remplacer.
Même si Freud ne s’est pas aventuré sur le terrain de l’entreprise, les managers ont mal digéré cette menace. Et ce n’est pas un hasard si le choix d’un collaborateur se porte sur quelqu’un qui ne fera pas d’ombre, pas trop ambitieux, facilement drivable…
Enterrons Sigmund et privilégions ce que je baptise le « modèle épiphyte ».
Est épiphyte, une plante qui pousse sur un arbre et développe sa vie sans lui porter tort (comme l’orchidée). A l’inverse d’une plante parasite (exemple le gui) qui pousse sur un arbre en lui prenant sa sève…
Dans l’entreprise, tout manager doit faire éclore des collaborateurs épiphytes. Il doit les aider à se former, à grandir, à progresser. Et tant mieux si l’élève s’avère meilleur que le maître : c’est l’organisation qui en profitera.
Dans la famille, il en va de même : quoi de plus grande satisfaction que de se voir dépasser par ses enfants… Le témoin doit être passé à meilleur que soi comme dans une course à relais.
Et si au lieu de parler de la mort du père, Freud avait parlé de la « renaissance » du père ? Renaître par ses collaborateurs, renaître par ses enfants pourrait alors devenir la voie de la sagesse et le moteur d’un nouveau type de management.

13:50 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Management

14/12/2005

Le dirigeant est un pilote

Le dirigeant est un pilote

Le dirigeant ne gère pas des ressources humaines, il les pilote !
Cette image se réfère à la symbolique du bateau qu’empruntent le capitaine et son équipage pour aller à bon port.

Sénèque, déjà, disait « il n’est de bon vent pour celui qui ne sait ni d’où il vient, ni où il va ». Cela veut dire que le dirigeant doit en permanence rappeler le projet d’entreprise, les efforts réalisés et ce qu’il reste à parcourir. Pour mobiliser une équipe il faut un challenge et un cap tracé par le capitaine.

La difficulté réside, en partie, dans la représentation que se font les membres de l’équipage. Etre sur le même bateau veut dire pour certains être sur le même « paquebot » (avec ses lourdeurs et son manque de réactivité), pour d’autres c’est être sur une « galère » (avec des cadences infernales et sans reconnaissance), pour d’autres enfin c’est être sur un « voilier » (source de plaisir et d’épanouissement)…

Sur un bateau, cohabitent un « métier principal » et des « métiers supports ». Le but est de transporter des marchandises ou des passagers. Mais le mécanicien est aussi important que le cuistot ou l’infirmière… En entreprise, il en va de même : il n’ y a pas que la production ou que le commercial qui compte. Chaque fonction est importante et dans ces conditions il est inutile de parler des « productifs » et des « non-productifs ». Nous sommes tous dépendants de tout le monde, de la standardiste, du chauffeur-livreur… et du dirigeant.

Sur un bateau, nous devons affronter ensemble les tempêtes et jouir ensemble des vents favorables. En entreprise, il devrait en être de même. C’est à dire que l’on devrait se serrer les coudes en périodes de crise (mais quid de ces satanés « avantages acquis » et de ceux qui préfèrent couler le navire plutôt que d’y renoncer…) et de se partager le gâteau différemment quand les affaires sont prospères…

Sur un bateau, on embarque les meilleurs co- équipiers et on doit se séparer, à certains ports, de ceux dont la route diverge… En entreprise, cela signifie que la sélection est rigoureuse et que chaque collaborateur doit être compétent au poste qu’il occupe. Cela signifie que l’on ne doit pas traîner des « boulets ». Il faut s’en séparer au risque de freiner le bateau tout entier. Bien sûr il est hors de question de les jeter par dessus le bastingage, ni de les mettre sur un canot avec une gourde et des biscuits, mais de les déposer à un port où ils pourront rebondir efficacement (merci l’outplacement).

Voilà, avec tout cela le dirigeant pourra mobiliser , animer, motiver.
Bref, il sera un véritable pilote !

Florian Mantione

16:50 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Management