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27/06/2006

L’inconscient dans l’entreprise

Quand le candidat assis en face de moi m’a affirmé : « Monsieur Mantione, je voudrais faire un bilan d’incompétence, euh pardon, un bilan de compétence », je suis resté perplexe !

Il est, bien sûr, hors de question de tirer des conclusions hâtives à partir d’un lapsus, mais force est de constater qu’il n’est pas neutre et qu’il interpelle.

Quand le candidat arrive 24 heures à l’avance à son entretien de recrutement (ou 24 heures en retard) ou qu’il a oublié les documents qu’on lui avait demandé d’apporter, on est également interpellé.

Freud a très bien montré l’importance des lapsus et des actes manqués dans la vie de tous les jours. Il nous a tracé la voie pour essayer de comprendre la part de l’inconscient dans nos comportement.

A l’Institut Psychanalyse et Management que j’ai créé il y a 5 ans à Montpellier, nous nous intéressons au poids de l’inconscient dans les organisations.

Quand un cadre quitte son entreprise pour créer une entreprise concurrente, quelle est la part du complexe d’Œdipe dans ce comportement ?
Quand un chef d’entreprise mets son nom dans la raison sociale de son entreprise, a-t-il conscience de son acte narcissique ?
Quand un petit chef protège frileusement ses intérêts, se méfie de ses salariés, crée des procédures de contrôle, imagine -t-il être parano ?
Quand un cadre s’arc-boute sur des procédures en les justifiant par la rigueur et la performance, se voit-il obsessionnel ?

Et pourtant, pour qui sait bien observer et décrypter les comportements, l’entreprise est au cœur de relations complexes : le chef d’entreprise souhaite que ses salariés travaillent avec lui, mais eux ont le sentiment de travailler pour lui. Le chef d’entreprise élabore un projet d’entreprise, mais les salariés perçoivent un projet personnel. Le chef d’entreprise délègue bien des responsabilités, mais il demeure souvent au centre des décisions. La culture d’entreprise existe, mais elle n’est pas forcément appréciée par tout le monde…

Dans ce mélange d’affectif, d’imaginaire, de fantasme et d’inconscient, les outils managériaux semblent dérisoires : budgets, prévisions, délégation, motivation, formation…

Et si la seule relation véritable dans l’entreprise était la relation contractuelle, le contrat de travail ? Un salaire contre des tâches, une rétribution pour une contribution. Dans ces conditions, les rapports entre les collègues éviteraient les luttes pour le pouvoir, les pulsions de mort ou l’érotisation des relations…

Un quasi retour à l’entreprise originelle, grâce à notre prise de conscience de l’inconscient dans l’entreprise…

08:40 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Management

24/06/2006

L’empathie, un outil de management

L’empathie est cette capacité à se mettre à la place de l’autre, à se mettre dans la peau de l’autre. Pourquoi ? Non pas pour l’approuver ou pour partager ses émotions et son raisonnement, mais plutôt pour mieux le comprendre, pour mieux capter son référent, mieux saisir ses arguments.
Ainsi, avant de répondre à son interlocuteur qui est, par exemple favorable à la peine de mort, il est très utile de « se mettre à sa place » de chausser sa paire de lunettes pour mieux le contrer.
L’attitude est différente de celle adoptée face à son enfant qui veut qu’on lui achète un vélomoteur, et qui nous fait nous reporter à son âge. Ce n’est pas tant ce qui aurait été fait par nous-même à son âge pour obtenir l’objet de tous nos désir qui est préconisé, mais plutôt « aujourd’hui à la place de mon enfant et compte tenu du contexte dans lequel il évolue, de sa personnalité … que se passe t il dans sa tête ? ».
En entreprise, il en va de même. Vis-à-vis de ses collaborateurs ou de ses collègues il est important pour mieux comprendre leur comportement, de se mettre à leur place. Et ainsi, tout en comprenant leur mécanisme de pensée, il nous sera plus facile d’adapter le comportement le plus adapté à cette situation. Pour répondre à un souhait d’évolution, à une date de congé, à une augmentation de salaire, à un arbitrage entre deux personnes… mieux comprendre l’autre représente une posture bien plus efficace pour argumenter plutôt que de se braquer ou d’être maladroit Ce n’est qu’en adoptant son point de vue que l’on pourra mieux décortiquer son argumentation et donc découvrir la faille ou le point faible du dit argumentaire.
Cette attitude n’est pas spontanée surtout pour les personnes réactives ; elle demande une certaine prise de recul et un intérêt certain pour les gens même si la posture peut sembler un peu manipulatrice…
Ce qui est important, ce n’est pas ce que nous pensons. C’est ce que l’autre pense ! Il faut donc l’écouter, le comprendre … pour mieux le faire changer d’avis si cela est toujours
nécessaire car l’empathie nous permet, parfois, de mieux percevoir les choses et d’évoluer…

12:20 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Management