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26/02/2008

Le patron de PME est un équilibriste

L’image commode du patron est celle du chef d’orchestre. Il coordonne le travail de ses collaborateurs. Il les fait travailler au même rythme. Il les fait jouer sur sa partition, laquelle évolue en fonction du marché. Il les fait répéter. Il encourage, tempête, sanctionne, félicite. Il partage avec eux les applaudissements du public…

Une autre image pratique du manager est celle du pilote. Il part d’un port pour aller vers un autre port, sélectionne une équipe, choisit le meilleur pour chaque fonction (et chaque titulaire de poste est essentiel), se sépare en cours de route des « boulets »… Chaque membre de l'équipage imagine le bateau à sa manière : qui un paquebot, qui une galère, qui un hors bord, qui un pédalo…

Ces deux images ont certes leur intérêt. Mais si le véritable rôle du patron était celui d’équilibriste ? En effet, l’entreprise n’est pas ce modèle figé où chacun remplit sa fonction. L’entreprise serait plutôt un système où chaque élément est en inter relations avec les autres, un système en perpétuel déséquilibre. De l’extérieur, l’ensemble pa rait parfait, bien équilibré, doté d'un projet d’entreprise bien clair, comme par exemple : satisfaire ses clients en produisant tel produit à tel coût et pour telle part de marché comme ambition… De ce fait, l’ensemble des collaborateurs devrait être mobilisé pour réaliser ce projet. Dans la pratique, que constatons-nous ?

Chaque commercial pense que son secteur est étriqué, que les autres vendeurs sont plus avantagés. Chaque commercial passe son temps à râler, à rédiger des rapports qui expliquent pourquoi il ne peut pas faire son chiffre compte tenu de la concurrence, de ses prix qui sont trop élevés, du manque de moyens dont il dispose…

Chaque cadre, en interne, plutôt que d’améliorer l’existant, rédige un rapport démontrant son manque de moyens humains, matériels et financiers, alors que les autres services se livrent à une gabegie éhontée…

Et, unanimement, tous s'accordent à affirmer que le salaire est bien plus bas que la moyenne dans leur secteur d’activité !

Les démissions succèdent aux licenciements, les accords transactionnels aux procédures prud’hommales, la grogne syndicale à l’absentéisme…

Que de temps passé à discuter, à négocier, à calmer, à encourager, à s’énerver…
Et le client dans tout cela ? Qui s’en occupe ?

Ainsi va la vie du patron, contraint d’exercer son numéro d’équilibriste au jour le jour, lui qui se voyait stratège, grand négociateur, fin diplomate…

Florian MANTIONE

14:01 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (4)