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05/08/2009

Histoire de recruteur

 

Cette « histoire » n’est pas vielle. Elle date de ce matin.

Je reçois un candidat pour un poste de DRH : 32 ans, études supérieures et actuellement Directeur des Ressources Humaines dans une société de Tulle.

Il a fait ses études secondaires au Lycée Edmond PERRIER à Tulle.

Comme je suis curieux de nature et que j’aime bien m’instruire grâce aux candidats, je lui demande, sans aucune malice de ma part « Qui est Edmond PERRIER ? »

Il me répond avec beaucoup d’assurance : « c’est un étymologiste, un spécialiste des insectes ».

- Ah bon, étymologiste cela veut dire spécialiste des insectes ?

- Oui, oui.

- Ecoutez, on va vérifier sur Google

Et on s’aperçoit, bien évidemment que l‘entomologiste est le spécialiste des insectes…

Commentaires

Oui je comprend que ce jeune homme n'est pas compris que l'entomologiste est aux insectes ce que l'animal
"est au logis " ...
Et Edmond PERRIER est à " bulle " et non Tule
Ce qui ne veut pas dire que c'est un " con " même lorsqu'il y a con s'il y a bulle !!!
Mais ceci est une autre histoire...
Guy

Écrit par : Guy CHOLET | 06/08/2009

… Et si le candidat était stressé ; dans une telle épreuve, de surcroit en face de celui-ci, cette angoisse est bien compréhensible. Ou distrait ou bien étourdi comme fatigué par la durée de l’entretien, épuisé par la chaleur estivale. S’il avait vécu juste à ce moment précis une petite faiblesse, un instant d’inadvertance, ce qui le rendrait terriblement humain, ce qui le rendrait un peu lunaire, ce qui est toujours une plus-value pour l’être. S’il avait la langue qui avait fourché ; qui jamais ne se fourvoie ? Nous connaissons tous des personnages célèbres, socialement haut placés qui en accumulent. Et puis, il y a pire comme égarement ! Si ce n’était qu’un lapsus linguae, un simple quiproquo, une légère inadvertance, une douce négligence. Une des explications en vogue à l'époque de Freud était que les lapsus proviendraient d'une sorte de « contamination » mécanique des sons entre eux, comme « éty » et « ento ». Se rappeler de surcroît que ce même Sigmund précisait que nous ne sommes pas responsables de nos pensées puisqu’elles nous viennent de l'inconscient, dès lors, ajoutait-il, personne ne devrait en vouloir à quelqu'un d'avoir exprimé une pensée « involontaire ». A noter, malgré tout, que le mot du candidat restait signifiant en dépit de la cacographie puisqu’il a été compris de son interlocuteur, la communication pouvait donc se poursuivre. Et s’il avait mal entendu la reprise du terme parce qu’il a un problème auditif ou parce qu’il y avait du bruit. S’il avait un trouble du langage, une dyslexie, une dysphasie. Si le Français n’est pas sa langue natale au point de s’être mépris logiquement. S’il voulait faire un jeu de mot percevant l’humour de son vis-à-vis ou ressentant la nécessité de détendre. Si cette confusion lexicale remontait à l’enfance, méprise révélateur pareille à un conflit intérieur lié à on ne sait quelle histoire de famille au point qu’aujourd’hui encore elle ait une résonance qui lui échappe et qui se dévoile tel un refoulement trop longtemps contenu au hasard d’un bredouillement. Et s’il avait toujours eu un problème avec les dictionnaires… Et s’il calculait mieux qu’il n’écrivait ou parlait. Et si l’orthographe et lui faisaient 0. Et si etc. Et si… nous lui pardonnions sinon d’avoir confondu « étymologiste » et « entomologiste » du moins son assurance, car enfin qu’apprend-t-on de comment il convient de se comporter en face d’un recruteur, si ce n’est qu’il faut se montrer « assuré » ? Et si cette bévue n’était qu’une gaffe sans autre intérêt que de témoigner de la vulnérabilité de ce candidat, de prouver que même un DRH peut se trouver en situation de faiblesse et qu’il ne peut tout posséder. Après tout, il est dans les ressources humaines. non dans l’expertise sémantique, c’est untel pas Wittgenstein, ce Ludwig qui a su montrer les limites du langage et de la faculté de connaître l'homme. Qui d’ailleurs oserait miser sur un savoir encyclopédique de quiconque… même d’un lexicographe ? Alors que Florian chasse les têtes et pas les papillons, qu’il les chasse non qu’il prenne la tête des candidats… A trop disséquer les humains, on finit forcément par les épingler… tels des insectes… si jamais on ne se fait pas piquer par eux avant… Je demande donc l’indulgence pour ce candidat ; puisse-t-il se souvenir de moi, sait-on jamais, le jour où je passerai sous sa loupe afin de ne pas perdre le latin à mon tour. En fait, je préfère lorsque Mantione dénonce le candidat incurieux qui n’avait pas même été cherché à découvrir la biographie du personnage dont le lycée dans lequel il avait suivi sa scolarité s’honorait du nom. Ainsi, je peux pardonner à celui qui tente de paraître cultivé, non à celui qui ne fait pas l’effort de s’instruire… avec ou sans Google.

Écrit par : LEFEBVRE Thierry | 06/08/2009

Moi-même, je n'échappe pas... au lapsus calami (voire clavis). Rectifiez donc ci-dessus, j'ai écris "méprise révélateur" au lieu de "méprise révélatrice". Est-ce grave docteur ?

Écrit par : LEFEBVRE Thierry | 06/08/2009

Je viens de repasser l’examen concernant le Code de la route puisqu’on m’avait retiré pendant 6 mois mon Permis de Conduire.
Je me suis préparé dur pour réussir mon examen. Et je l’ai réussi !!!
Durant cette préparation, j’ai réfléchi à la notion d’évaluation.
Que doit évaluer l’évaluateur ? Ma connaissance du Code la route ? Mon comportement face à une difficulté ? Ma réactivité ?
Ma connaissance du Code de la Route ? Cela fait 40 ans que je conduis et je n’ai jamais eu un accident de la route et mon bonus de l’assurance est au maximum depuis longtemps…
Mon comportement face à une difficulté ? Est-ce que ma réponse dans le cadre douillet d’une salle climatisée est significative de mon appréhension de la difficulté ?
Ma réactivité ? Idem que précédemment : dans le cadre douillet de la salle climatisée, voyant défiler les diapos bien programmées se succédant les unes après les autres, en quoi ma réactivité va-t-elle être appréciée ?

Pourquoi dis je tout cela ? Pour démontrer deux choses. Un, que c’est très difficile d’évaluer. Deux, que l’on n’aime pas être évalué !!!

Je comprends très bien la réaction de Thierry qui « défend » le malheureux candidat pris dans les griffes du recruteur pervers.
Mais il n’y a ni « malheureux candidat » ni recruteur « pervers ».
J’aurais accepté la réaction de Thierry si j’avais écrit ; « le candidat n’a pas su répondre à ma question, donc il est comme ceci ou il n’est pas comme cela ».
Mon cher Thierry relis mon texte : je n’ai pas porté de jugement. J’ai simplement rapporté un fait. Que chacun en tire ses propres conclusions. C’est tout

Écrit par : Florian MANTIONE | 12/08/2009

L'anecdote que cite Florian me fait repenser à une expérience personnelle.

Durant ma vie, j'ai participé à des centaines d'entretiens soit en tant que candidat, soit en tant que recruteur. Et, à ce jour, je me souviens d'un seul rendez-vous professionnel et constructif, celui que j'ai passé avec Florian.

Bien sûr, Florian est impressionnant. Non pas qu'il soit un ogre social mais il est imposant intellectuellement. Certes, le stress est présent face à lui. Mais, on ne ressent pas de mépris ou de condescendance de sa part (je pourrais faire des témoignages opposés vis à vis de grands patrons de cabinets de recrutement parisiens...). Il n'est pas intransigeant ou radical. Mais, quelquefois la tolérance ou le compromis rendent floue la recherche de la vérité. Il est rigoureux.

Et, comme quelqu'un l'a justement écrit sur sa présentation sur wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Florian_Mantione), Florian est un scientifique du recrutement. Mais, il n'est pas positiviste. Il n'a pas posé un "donc" suite à l'épisode de l'entomologiste. Florian adopte une démarche scientifique du réalisme critique. Il cherche à découvrir « QUI » est ce candidat.

Cela fait plus de 30 ans que Florian exerce ce métier. Et, c'est un des rares professionnels dans le monde qui ait pris conscience très tôt de l'évolution du métier. De nos jours, l'utilisation d'Internet est quasiment universelle. En France, rares sont les personnes qui n'ont pas accès au réseau internet pour enrichir leur culture économique et générale. Et, je suis persuadé que Florian a recruté de très bons candidats qui n'ont aucune culture générale et qui furent très performants dans les entreprises clientes. La problématique du consultant en recrutement n'est pas de sélectionner des candidats qui lui ressemblent.

Connaissant un peu Florian et sa méthodologie de travail, je peux affirmer qu'il n'est pas normatif. Au contraire, dans le royaume des cabinets de recrutement européens aux méthodes insipides ou souffrant de vacuité quasi totale, Florian s'écarte du modèle de "l'ideal Type", ou en français du candidat idéal. Ses fiches de fonction de poste enrichissent les informations contenues dans l'annonce (de l'offre d'emploi) mais elles ne visent personne en particulier. Même si la fiche de fonction doit attirer le maximum de personnes qui estiment qu'elle les décrit parfaitement et spécifiquement... En conséquence, le consultant en recrutement ne recherche pas la projection de sa propre construction mentale du candidat idéal.

Lorsque j'étais consultant en recrutement, je précisais aux candidats retenus qu'ils correspondaient à la définition de poste. Mais, il subsistait des données manquantes. Ces données, je leur indiquai, "c'est vous qui allez les inscrire ainsi que les autres candidats". L'offre d'emploi n'est jamais figée. Les candidats participent, malgré eux ou avec eux à son élaboration.

Il me semble que ce qui est intéressant chez Florian, c'est qu'il adopte une épistémologie réaliste fondée sur une approche constructionniste épistémique et cognitive. Lorsqu'il reçoit un candidat, un recruteur doit évaluer la réalité du candidat et comprendre si cette réalité correspond aux besoins futurs de l'entreprise recruteuse. Comment savoir si les compétences avancées par le candidat lui permettront d'être efficace dans le futur avec les moyens offerts par sa prochaine entreprise ? Quelles sont ses motivations ? Une partie de l'évaluation repose sur l'appréciation de la capacité d'apprendre du candidat (son savoir interagir avec les autres ainsi que son acquisition, plus son traitement de la connaissance). Quelles sont les qualités épistémiques du candidat ? C'est-à-dire comment un individu arrive à capter et à saisir des informations ? Quelles sont les qualités cognitives du candidat ? C'est-à-dire comment traite-t-il les informations et comment produit-il de la connaissance ?

Etant un ancien consultant du Florian Mantione Institut, et comparant aujourd'hui leur méthode avec celle d'autres cabinets de conseils, j'estime que le FMI a une vision stratégique très moderne du management. La gestion des ressources est essentielle dans l'entreprise, et la gestion des connaissances constitue un capital hors-norme particulièrement pour les entreprises dans une situation inconfortable de turbulence économique et de pression hyper-concurrentielle internationale.

Lorsque Florian demande au candidat qui est Edmond Perrier, ce n'est pas la qualité de la réponse qui est en jeu mais un ensemble d'informations (d'indices) qui sont périphériques à la réponse du candidat et qui vont constituer peu à peu la compréhension de la réalité de ce candidat au cours de l'entretien de recrutement.

Lorsque Florian teste le candidat sur une question d'apparence culturelle, je suppose que Florian comme la plupart d'entre nous ne sait pas qui fut Edmond Perrier. Et, après tout, Thierry a raison d'indiquer que cela n'a pas d'importance pour le poste. Mais Florian n'a pas de jugement de valeur à cet égard. Il ne le classe pas dans telle ou telle catégorie. Cependant, toute l'approche d'un bon recruteur est de faire émerger des indices de vérité et de tester ces indices.

Ayant eu une expérience internationale, je m'aperçois maintenant que ce n'est pas la culture générale qui est un handicap mais la micro-culture. Lorsque je suis arrivé en Australie, je parlais à peu près l'anglais. Mais, je ne comprenais rien à la micro-culture. Les gens me parlaient des candidats aux élections de Premier ministre dont je n'avais jamais entendu parler. Pour moi, cela ressemblait à une bataille d'oiseaux entre un aigle et un paon (Bob Hawk contre Andrew Peacock). De même, on me parlait de résultats de cricket dont je n'ai jamais compris les règles. Bien sûr, l'entreprise qui m'avait recruté avait testé mon anglais et avait jugé mon niveau acceptable. Mais, je fus surpris lorsque le dirigeant, le premier jour de mon arrivée, m'a donné les clefs d'un véhicule de fonction (une holden) alors que je n'avais jamais pris de ma vie, un rond point en sens inverse. Quelle première sueur froide par 39° à l'ombre...

Cela ne m'a pas empêché d'être performant dans mon futur job. Certainement parce que le chef d'entreprise avait fait confiance dans ma capacité épistémique et cognitive. Il m'avait envoyé le code de la route australien, 6 mois auparavant. Lors de chacune de nos discussions téléphoniques, il me posait des questions sur le livret. Sans me rendre compte, il avait évalué ma capacité à m'adapter très rapidement dans ce pays austral que je croyais, à cette époque, de cocagne.

Récemment, lors d'un salon de micro-marketing, une société de télémarketing, située sur les bords de la méditerranée du continent africain, me vantait la qualité de ses services. Je lui rétorquais les déboires d'un ami qui reçut un coup de fil d'une chargée commerciale la semaine précédente, lui indiquant qu’elle désirait le rencontrer parce qu'elle avait rendez-vous chez un de ses voisins à Assssnières, en accentuant mal à propos sur le S. En soi, cette erreur est bénigne mais ce marqueur prosodique fit douter de l'argument de proximité de son interlocutrice. Le petit mensonge fut démasqué.

Un dernier petit exemple pour montrer que la renommée des entretiens de Florian est nationale et commence à dépasser les frontières. Lorsque j'étais consultant pour le FMI, j'ai reçu un candidat originaire de Strasbourg. Je le questionne sur le nom de son collège. Et, je suis surpris de sa réponse encyclopédique. Je lui fais part de mon étonnement et je lui demande comment il avait préparé cet entretien. Il m'avoue avoir très justement demandé conseils à des amis. Et, il me précise : "J'ai une amie qui a passé un entretien il y a 4 ou 5 ans avec Florian Mantione. Elle m'a précisé de faire attention à la toponymie et au gentilé". Mon candidat n'était pas agrégé en Lettres puisqu'il venait de passer son diplôme d'ingénieur et qu'il postulait à un poste d'économiste de la construction. Je ne l'aurais pas éliminé pour ses non-connaissances éventuelles sur le nom de son lycée. Par contre, j'ai noté son sérieux et son approche professionnelle, par des indices positifs.

Un célèbre publicitaire, Jacques Séguéla pour ne pas le citer, s'est rendu célèbre en déclarant que nul n'a réussi sa vie s'il n'a pas une montre de valeur à son poignet. Sur ce plan là, je dois avouer que ma vie est un véritable échec. Je ne porte jamais de bijoux. Par contre, j'ose affirmer que nul n'a réussi sa vie professionnelle s'il n'a pas eu, un jour, un entretien avec Florian Mantione. Un moment qui, pour moi, comme pour beaucoup, a changé ma vie.

Écrit par : Ludovic | 13/08/2009

Un jour, alors qu’il parlait avec ses moines, San-cheng dit :
- Lorsqu’un disciple arrive, je sors pour le rencontrer sans intention de l’aider.
Son frère moine, Sing-houa, qui avait entendu la remarque, répliqua :
- Lorsqu’un disciple arrive, je sors rarement pour le rencontrer, mais si je le fais, c’est sûrement pour l’aider.
Quid ? Qu’est-ce ? Qu’est-ce que ca veut dire ? Je vais y venir.

Pour commencer.
La réponse de Thierry Tarel me convient au moins à trois titres.
• D’abord, elle me rassure, en effet, lorsque les gens sont de mon avis, j'ai toujours le sentiment de m'être trompé.
• Ensuite, elle tente à montrer que quand tout le monde est du même avis, c'est que personne ne réfléchit beaucoup.
• Enfin, elle atteste que Florian est un bon manager qui s'entoure d'hommes avisés ; encore que moi, je ne sois pas certain d’en être un. Qu’importe ! Je me rattraperai plus tard.
Surtout, je le remercie, car cette controverse m’a été profitable, puisque dès lors je rejoins L’Idiot de Dostoïevski qui considérait que le plus intelligent de tous, c'est celui qui se traite lui-même d'imbécile une fois par mois. Voilà pour moi, c’est fait. Peut-on attendre septembre avant de relancer un autre débat ? Pour autant, l’imbécile étant celui qui ne change pas d’avis, suis-je si fou de battre ma coulpe et en arrière ? De surcroît, comme on apprend avec ses erreurs, mais qu’à mon avis c'est une erreur, est-ce que si je me trompe j'aurais quand même appris quelque chose ? Alors… Alors !

Laissons tomber l’humour, car enfin qui a dit que je n’apprécie pas Florian, l'homme, pour ce qu’il est, qui a cru que je n’estime pas Mantione, le professionnel, pour ce qu’il fait, qui spécule que je défends un candidat inconnu et attaque un ami que je connais. Je conviens des qualités que Thierry lui accorde. S’il faut, je puis même rapporter d’autres mérites. Et je suis convaincu que, lui comme moi, nous pouvons sortir du dualisme selon lequel « "Il a tort" veut dire :"Il ne pense pas comme moi" ; "Il a raison" signifie : "Il est de mon avis" », que nous devons nous extraire de l’ornière conceptuelle qui présuppose qu’intercéder pour un individu passe forcément par abattre son adversaire. Personnellement, avocat du pauvre diable qu’était à mes yeux ce DRH, je m’amusais, garçon sensible que je suis, à plaider pour le plaisir de trouver des excuses à celui-ci, non des défauts à celui-là.

Plus que tout, ma fréquentation du FMI m’a amené à cette intime conviction : ce que son patron aime par-dessus tout, c’est pratiquer -comment déjà Thierry, ah oui- son « épistémologie réaliste fondée sur une approche constructionniste épistémique et cognitive » et que plus modestement j’appelle son côté « kôan ». Pas si humblement que ça…, n’est-ce pas ?
A l’image de celui mis en exergue, un kôan est une anecdote à la signification mystérieuse, utilisé dans le bouddhisme zen pour amener les disciples à l’illumination. Si le sens est caché, il n’est pas pour autant une énigme qu’il s’agirait, avec beaucoup d’astuce, de déchiffrer. L’intellect étant impuissant à accéder à leur véritable profondeur, il est par conséquent destiné à nous faire saisir-sentir-percevoir que ce que nous prenons pour la réalité n’est en fait qu’une construction de la raison et du sens commun.

Et alors ? Ben, il est là le nœud du débat. Je pense que Florian a compris que le véritable but de toute personne aspirant à transmettre quelque expérience est de stimuler les esprits et de susciter les discussions, partant du principe que deux avis valant mieux qu’un, que la vérité est « stéréo ». D’ailleurs, il est absurde de ne pas profiter de la richesse des avis puisqu’il est impossible d’y échapper : « Autant d'individus, autant d'avis : à chacun sa règle » affirmait Térence, un siècle avant Jésus-Christ. Appréciant varier horizons et jugements, Florian ne laisse ainsi jamais ses propres opinions devenir des certitudes absolues.

Bien sûr, en position de recruteur, cette stratégie lui permet « d’apprécier les qualités épistémiques et cognitives du candidat ? » C'est-à-dire comment un individu arrive à capter des informations ? Comment il les traite et produit de la connaissance ? Mais surtout en remettant en cause les habitudes de pensée, Florian nous montre la Réalité en elle-même, au-delà du discours.
Ainsi, moins que de faire le tour de la question, ce que Florian apprécie c’est (faire) sortir de la question par le haut autrement que par une réponse formelle et classique, évidente et banale… Moi-même, j’adhère volontiers à cette volonté d’éveil qui rend original pour « to think different ».

D’ailleurs, telle une mise en abyme, dont il est coutumier, si excitante à éprouver pour qui a la chance de le côtoyer, ne reproduit-il pas sur ce blog ce qu’il accomplit savamment lors de ses entretiens RH, c’est-à-dire lancer une idée en l’air et voir comment elle rebondit dans la tête des gens. Il a lui-même la courtoise de prévenir : « [je] ne porte pas de jugement, mais simplement rapporte un fait afin que chacun tire ses propres conclusions ». De surcroît, il a l’élégance de livrer aux deux dualistes un aphorisme en guise de cadeau qui, encore, prolonge en miroir cette discussion : "Si deux personnes échangent un produit, elles se retrouveront avec un produit à l'issue de l'échange. Si deux personnes échangent une idée, elles se retrouveront avec deux idées à l'issue de l'échange." Ce don est bien la marque d’un maître (non d’un gourou qui, lui, ne donne rien mais prend tout).

C’est en cela que Florian est, lui-même intéressant et puissant, il est multiple comme la vérité, non pas changeant mais à mille facettes, et engage à pousser plus loin la recherche de toute réponse comme s’il s’agissait d’aller à la recherche de son propre moi. A son contact, cet aiguisement de l’esprit vaut tout l’or du monde ; or qui dit or dit pièce dit donc un côté pile et un côté face sans lesquels le sou n’existe point puisqu’il faut les deux pour que le louis d’or… cette pièce de monnaie jetée en l’air comme l’idée de tout à l’heure… brille de tous ses feux.

Justement en conclusion, si cela ne suffit à notre compréhension, alors que le kôan du début ouvre l’esprit !
Cette histoire montre que le meilleur secours à attendre du zen, c’est « aucun secours ». En apporter, c’est s’entraver soi-même et freiner le développement d’autrui. Qui assiste l’autre s’y lie et le prive en regard de s’en sortir tout seul. Pis ! L’un et l’autre peuvent en rester là, alors que le soutien doit mener à autre chose. Lisez : Sang-chen rencontre un disciple sans manifester l’envie de l’aider ; pour lui, c’est la marque d’une compassion tranquille et du respect de liberté. Sing-houa, lui, exprime son zen d’une façon autre, sans contredire celui de Sang-cheng mais en le renforçant d’un point de vue opposé. Il manifeste ainsi que la positivité sans la négativité (et réciproquement) est vaine, nuisible et réductrice. De fait, le moine qui dit « non » et le moine qui dit « oui » entretiennent bénéfiquement le débat en le rendant prospère et ouvert à d’autres. Oui ! Il faut se frotter à l’autre, il faut se confronter les idées pour que le cerveau étincelle. D’où… la sentence de Florian et le motif pour lequel il fallait deux Thierry, parce que c’était lui, parce que c’était moi. D'où aussi... mes interventions comme non "solutionnantes".

Allez, un dernier kôan pour la route : « Que puis-je offrir que je ne possède pas ? Que puis-je posséder qui ne m’ait été offert ? »


Lefebvre qui ne donnait pas son avis comme bon, mais comme sien.

Écrit par : LEFEBVRE | 16/08/2009

Merci à Thierry (Lefebvre...)pour la richesse de ses commentaires et grâce à qui je viens d'apprendre un nouveau mot: le Koan.
je suis même allé sur wikipedia et j'en ai trouvé un super:
« Lorsqu'il n'y a plus rien à faire, que faites-vous ? »
C'est bon de refaire le monde.
Florian

Écrit par : Florian MANTIONE | 16/08/2009

Je n'ai pas la chance de me considérer comme un ami proche de Florian (il en a déjà trop), ni d'être de sa famille (hélas, il n'a plus de fille à marier), ni de faire partie de ses collaborateurs actuels... Aussi, je serais prétentieux de porter un jugement, même positif à son égard, comme vis à vis de ses proches amis. Mon intervention vise plutôt à défendre sa position épistémologique du recrutement.

Peut-être existe-t-il un Koan , quelque part, d’une personne au coin d’une rue ou d’un blog me faisant percevoir des terrains inconnus de la vérité. Et, j’apprécierai toujours ces initiatives. Florian a éclairé ma route de la connaissance. Sans doute que mon rôle pourrait consister à illuminer, à mon tour, une partie de son chemin. Ni maître, ni gourou, Florian est un être d'exception. Et, je pense que son apport scientifique peut devenir plus radieux encore dans l’avenir.

J'insiste sur ma déclaration. Il existe très peu de recruteurs (en cabinet ou en entreprise) qui aient une approche épistémologique scientifique sérieuse. Je souhaite que ce nombre grandisse en adoptant une épistémologie réaliste du recrutement.

Je prétends que le recrutement est une science. Et, le dialogue est ouvert sur ce sujet que je ne peux pas traiter ici dans son entièreté.

Florian a une approche épistémologique réaliste, et même proche du réalisme critique. Et, pour évacuer toute ambigüité, dès le départ, son approche n'est pas relativiste. On ne peut pas dire que j'ai la vérité mais tout ceci dépend de... ou que chacun a sa vérité. Il existe qu’une vérité qui n'est pas forcément visible. Le rôle du scientifique réaliste est de découvrir cette réalité.

Il existe une vérité qui est préalable à l'expérience, qui n'est donc pas testable empiriquement et donc qui n’est pas soumise à nos sens ou à nos capacités de perception. Les philosophes rationalistes admettent un a priori de la connaissance (Emmanuel Kant, Brand Branshard, Arthur Pap ou parmi les épistémologues de l'école autrichienne d'économie comme Ludwig von Mises, Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe). Je soupçonne Florian d'être plus un post-kantien qu'un kantien pur puisqu'il fonde l'a priori épistémologique non pas sur la catégorie des idées mais sur la catégorie de l'action. Tout candidat vient témoigner sur ses actions passées et futures. Et, l'agir humain est apodictement vrai puisqu'il ne peut être contredit. Je suis sûr que le candidat agit avant de savoir comment il agit (données empiriques). Et, ce sont les conséquences de l'agir humain qui me permettent de comprendre le réel contenu historique de l'individu.

A côté de la science de l'agir humain, il y a l'histoire propre du candidat. J'ai découvert chez Florian, une approche "influencée" par l'intuition bergsonnienne, portant à la fois sur la créativité humaine dans l'agir et dans l'importance du temps (la duration) pour agir.

En analysant l'approche des entretiens, on remarque l'importance du temps. Mais, ce temps a une double valeur, à la fois newtonienne (le temps du calendrier) et la duration bergsonnienne. Le temps n'est pas simplement un "slot", un espace où l'action d'un candidat prend place dans un agenda ou dans un CV. Par exemple, "Pierre fut chef de projet de 1992 à 1996. Puis de 1997 à 2000, il a... Dans ce cas newtonien, le temps est divisible en unités aussi petites que l'on désire. Chaque unité est indépendante des unités précédentes et se succèdent séquentiellement. Le temps est irréversible.

Tout le génie de Florian m'a fait comprendre le concept de temps subjectif et dynamique lors de l'analyse d'une candidature. En prenant la métaphore d'une mélodie, on comprend mieux ce que Florian insinue lorsqu'il pose des questions précises sur l'histoire personnelle d'un candidat, même lorsqu’elle remonte à l’enfance ou à la profession des parents. Car, pour contrer l’irréversibilité du temps newtonien, le consultant fait appel à la mémoire du candidat comme si le passé, détaché séquentiellement du présent, était d’actualité. Lorsqu'on écoute une musique, il est impossible de séquencer la mélodie note par note. Chaque unité temporelle est liée à la précédente et l'auditeur anticipe la suivante. Comme le mélomane, le consultant doit exercer cet exercice auditif en prenant toutes les attentions nécessaires pour ne pas construire une inférence malheureuse.

Durant l’entretien, le consultant doit maîtriser à la fois le temps newtonien et le temps bergsonien. Par exemple, il est tentant pour un consultant de compléter la fin d'une phrase d'un candidat par souci de l'harmonie ou de la désharmonie. Si le candidat déclare êtres abonné au journal le Times, le risque est grand de faire une inférence à valeur positive (candidat bilingue anglais ?) ou inversement une inférence à valeur négative s'il déclare, par exemple, vivre chez ses parents (candidat pas autonome ?).

Le temps bergsonnien se caractérise aussi par une hétérogénéité. Le rôle du consultant n'est pas de faire une biographie du candidat en étalant sa chronologie. Mais, il s'agit de capter les moments d'intensité hétérogène. L’expérience d’un candidat d'une durée de deux ans pour le poste convoité peut être scrutée avec davantage d’attention qu'une expérience de 10 ans sans intérêt majeur.

Il y aurait bien d'autres choses à explorer dans l'épistémologie du recrutement de Florian. Mais, en guise de conclusion, je voudrais insister de nouveau sur l'a priori et l'éthique du témoignage chez Kant. La position du consultant est neutre vis à vis du candidat avant toute information reçue de sa part (de façon directe ou indirecte). Le candidat vient témoigner. Son histoire est basée a priori sur l'honnêteté et la sincérité de ses déclarations. Mais, peu à peu, le consultant capte des indices qui sont cohérents (ou non) avec la logique de l'agir humain ou avec d'autres marqueurs de son histoire (ou non). Le consultant intervient dès lors pour déjouer les polysémies.

Les formes d'échanges verbaux ou non verbaux, dialogiques, discursifs, dyadiques (face à face) ou polyadiques (situations d'échanges verbaux dans les conférences, les cours, les petits déjeuners etc), sont des opportunités pour faire émerger, capter et reconstruire sa connaissance.

Sans doute que je ne connais pas assez Florian et ses amis. Mais, la torche allumée qu’il me tend dans la nuit m’ouvre des espaces de connaissances à la fois inattendus et inespérés. Merci à vous tous.

Écrit par : Ludovic | 17/08/2009

Mais, quel est ce temps ?

Mon ami Pierre, me déclarait hier soir. Quel temps ! Mais, de quel temps parlait-il ? De la chaleur estivale, étouffante et caniculaire ou d'un autre temps, période que nous vivons ?

Je comprends dès lors, la difficulté des consultants en recrutement de comprendre le sens des mots de leur candidat.

Certains chercheurs en anthropologie ont analysé que certaines cultures n'intègrent pas le futur ou le passé. Tout se vit au présent. Edward T. Hall, par exemple, célèbre pour son concept sur la proxémie a commencé sa carrière dans une tribu indienne, les Hopis. Il indique dans un ouvrage que pour les indiens, il n'existe pas de verbe conjugué au futur. Tout au plus, nous avons un présent progressif. L'économiste et philosophe, George Shackle, avançait qu'il n'y a pas de futur mais des anticipations. Rien n'est dans l'avenir puisque tout est à venir.

D'un autre côté, en anthropologie, certains peuples ne connaissent pas le passé dans leur langage. Les aborigènes d'Australie, par exemple, vivent dans le Dreamtime, c'est à dire un temps des ancêtres qui enveloppent le présent, le passé et l'avenir. (Une partie de l'écologie australienne repose sur ce paganisme du Dreamtime. Nous devons protéger la terre parce que notre environnement appartient à ce temps englobant). Le psychologue Boris Cyrulnik, célèbre pour sa théorie de la résilience, explique la complexité du passé. Il indique que tant que nous faisons référence à la mémoire, le passé n'est plus simple, mais représenté mentalement. Notre mémoire à un effet dont nous percevons le présent et qui provoque l’anticipation de l'avenir. Le passé composé n'existe pas non plus; puisque dans certains cas de résilience, les individus recomposent leur histoire. Et, Cyrulnik a cette formule intéressante pour des êtres décomposés : "La mémoire serait-elle un passé recomposé ?"

Alors, je pense au temps d'un consultant en recrutement. A quel temps du candidat doit-il faire confiance ? Ni futur, ni passé, il ne lui reste que le présent. Et, pourtant, ne sommes-nous pas quelquefois absents dans le présent ? Seules les formulations performatives peuvent être considérées comme le présent. Par exemple, si quelqu'un déclare : "la séance est ouverte", l'action est réalisée en même temps que son expression. Mais depuis le philosophe grec, Héraclite, on sait que rien n'est stable (« on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière »). Tout n'est que flux dans l’univers. Si je m'exprime au présent, ne suis-je pas en décalage avec la réalité ? Je serais en » plus que présent » ou en « moins que présent » en fonction des cas.

Alors, que doit faire un consultant en recrutement ? S'il n'obtient du candidat ni futur, ni passé et que le présent est très mouvant, quelles conclusions en tirer ?

Écrit par : Arthur R. | 20/08/2009

Et bien, pour ma part, je pense que ce candidat est chanceux... Il a été reçu en entretien par Mr Mantione !

J'ai 37 ans, je suis DRH, actuellement en recherche, et jamais ma relation avec ce recruteur n'a dépassé la réception de ma candidature.

Je viens de comprendre pourquoi : je connais la profession des illustres personnages qui ont donné leur nom aux établissements scolaires qui m'ont acceuilli... Fiat Lux !

Écrit par : Christophe | 02/09/2009

La principale difficulté pour quelqu'un qui offre ses services à une entreprise, peu importe le statut juridique (salarié ou non), c'est d'obtenir un RDV en face à face avec la bonne personne.

L'alourdissement des contraintes juridiques, empêche les entreprises recruteuses et les cabinets de recrutement, d'indiquer réellement et avec franchise les raisons de son éviction. Ainsi, la Loi anti-discrimination facilite les missions des entreprises « peu courageuses « ou « légèrement paresseuses ». Car, aujourd'hui, il est impossible de différencier, de l'extérieur, un cabinet qui fait scrupuleusement son travail avec "une preneuse de missions". Ne sont visibles que les hypocrites.

Le résultat n'aboutit qu'à de la frustration de la part des candidats. C'est tout à fait compréhensible lorsqu'on reçoit un message de refus standard et stéréotypé. L'avantage du FMI est de donner une réponse ; ce qui est de plus en plus rare parmi les recruteurs actuels (alors que le coût de l'email est quasi nul).

J'ai testé à titre personnel, le taux de réponses des entreprises, hélas négatives. Sur 100 entreprises qui ont passé une annonce (et donc sont censées répondre aux candidats éconduits), seulement 11% ont donné une réponse (négative). J'en conclus les alternatives possibles. Soit mon CV est hypernul, et donc 90% des entreprises considèrent que je ne vaux pas la peine de recevoir un message automatique. Soit, je suis tellement bon (mais pas assez pour être reçu) qu'ils ne veulent pas me donner une réponse négative trop rapidement (au cas où ...). De façon réaliste, les entreprises ne sont pas attentives aux offres de service que leur font les candidats, ce qui est préjudiciable pour leur image. Cela démontre aussi un manque de professionnalisme managérial dans le recrutement et une faiblesse de culture économique. Les entreprises devraient laisser ce travail à des experts reconnus comme les cabinets de recrutement (FMI ou non).

A titre personnel, je connais un peu Florian Mantione et quelques consultants de son cabinet. Je ne vois personne au FMI qui ne soit pas assez courageux pour expliquer au candidat les raisons de sa non sélection. Tous sont suffisamment autonomes, indépendants et professionnels pour répondre personnellement à des demandes d'explications d'un candidat.

Sans doute, manque-t-il sur le marché du recrutement une interface de médiation entre les candidats et les cabinets de recrutement. Idée sans doute à creuser et à soumettre à Florian, qui est quelqu'un très ouvert sur les nouvelles idées.

Écrit par : Ludovic | 04/09/2009

Je découvre ce mini forum via le hub de Monsieur Florian Mantione.
J’avoue mon intérêt sur vos écrits, vos pensées philosophiques et pour certains une pointe d’humour.

Pour ma part j’ai eu l’occasion de « passer entre les mains » de FM. Non retenu, pas grave ; pas facile le métier de recruteur, j’y suis passé, je vous raconterai plus bas.
Candidat en cours de sélection, j’espère retrouver le bureau de Mr Mantione (Florian si tu m’entends... !!... rires) pour la dernière fois (réussite au bout) dans quelques jours.

L’approche de cet homme est calme, franche et pour une fois la parole est laissée au candidat au sens de l’écoute du recruteur. L’échange est convivial et professionnel. Voilà pour ceux qui devront rencontrer le sexygénaire comme il se présente parfois ; c’est dire si l’humour est bien présent dans la tête bien remplie du bonhomme. Sur le site du FMI, certains textes méritent également le détour.

Sur ce qui précède donc, je pense que Thierry a vu juste ; le stress ! Et pan ! Voilà le lapsus. De là à ce qu’il soit révélateur ??? Chapeau bas à celui qui le qualifiera tout de suite de tel.

Les plus grands hommes politiques ont aussi leurs boulettes : qui a dit « Si je suis élu, rien ne changera en France » ou bien encore « Le système des quotas a été inventé par un Sénateur romain, Numérus Clausus » ?

Je vais donc vous narrer le pire que j’ai vécu chez ou pour un candidat.

J’étais pendant quelques temps chargé de la sélection psychotechnique des pilotes de chasse de l’Armée de l’Air. Juste après les tests psychotechniques et l’entretien de ce candidat, se déroulât la visite médicale dans des locaux proches.

Je le raccompagne donc vers la sortie en lui indiquant le chemin du Service Médical.

Pour l’histoire, rarement un candidat m’avait fait une si bonne impression de maîtrise de soi ; important non quand on doit piloter un avion à + de 30 M€ ! ?

Quelques minutes plus tard, la secrétaire médicale me téléphone, le candidat souhaitant me voir « très » rapidement.

Je trouve alors mon candidat enfermé, terré dans les vestiaires, en petite tenue de visite médicale revêtu simplement de................la culotte de sa femme !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Où était partie la concentration de mon candidat que voyais déjà dans le cockpit ???
Le siège éjectable s’était déjà déclenché.

Je lui ai demandé de se rhabiller.

Les minutes suivantes, je me suis posé mille questions.

Je l’ai convoqué dans mon bureau, je pensais qu’il allait fondre en larmes ; point du tout, en éclat de rires ! C’est dire si l’homme s’était déjà recadré. Il m’explique alors que, le matin, afin de ne pas réveiller sa compagne, il s’est habillé dans le noir et s’est trompé de tiroir de sous-vêtements ! C’est moi alors qui pleurai de rires...

Il avoua alors que sa compagne était d’un physique confortable (il y a vingt ans les strings n’étaient pas aussi présents (NDLR)) et qu’il n’avait senti aucune gêne pendant les deux heures de transports en commun parisiens.

Je l’ai envoyé au magasin le plus proche, s’équiper du bon cache..., passer sa visite et quelques années plus tard il devint présentateur officiel du Mirage 2000 !

Plus sérieusement :

Certains recruteurs avec qui j’ai discutés de cette mésaventure auraient sans aucun état d’âme refoulé mon candidat ; en effet la préparation d’un vol sur un avion à réaction doit être parfaite et irréprochable, le candidat révélait d’ores et déjà un manquement dans sa préparation.

Je suis fier de ne pas être allé dans ce sens et d’avoir discuté avec lui du « pourquoi du comment ».

Alors si d’aventures quelqu’un venait à nouveau se « louper » surtout verbalement (ici le cas est vraiment atypique) je préfèrerai lui poser à nouveau la question ou bien comme l’a fait FM, aller avec lui rechercher l’étymologie exacte et jauger ainsi de la déstabilisation réelle ou non du candidat.

A conserver dans le bêtisier non ?

P.S : Aujourd’hui dans le tourisme, je ne contrôle plus les maillots de bain !

Écrit par : Michel Chazottes | 12/05/2010

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