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28/02/2010

Devenons qui nous sommes vraiment

Une vieille légende indienne raconte qu'un paysan trouva un jour un œuf d'aigle et le déposa dans le nid d'une « poule de prairie ».

L'aiglon vit le jour au milieu d'une portée de poussins de prairie et grandit avec eux.

Durant toute sa vie, l'aigle fit ce qu'une poule de prairie fait normalement. Il chercha dans la terre des insectes et de la nourriture. Il caqueta de la même façon qu'une poule de prairie.
Et lorsqu'il volait, c'était dans un nuage de plumes et sur quelques mètres à peine.

Après tout, c'est ainsi que les poules de prairie sont censées voler.

Les années passèrent. Et l'aigle se fit très vieux. Un jour, il vit un oiseau magnifique planer dans un ciel sans nuage. S'élevant avec grâce, ce dernier profitait des courants ascendants,
faisant à peine battre ses magnifiques ailes dorées.

"Quel oiseau splendide !", dit notre aigle à ses voisins. "Qu'est-ce que c'est ?"

"C'est un Aigle, le roi des oiseaux," caqueta sa voisine. "Mais il ne sert à rien de fantasmer à ce propos. Tu ne seras jamais un aigle."

Ainsi notre aigle s’abstint-il de fantasmer… sur sa nature propre.

Il mourut en pensant qu'il était une poule de prairie…

Et si notre destin était semblable à celui de cet aigle, englué dans son contexte ? Qui sommes-nous vraiment ? Et si l’on se donnait les moyens d’être soi-même, de se connaître ?

Osons, essayons, testons-nous, aussi bien dans la vie courante que dans nos entreprises.

Sommes-nous de simples exécutants, ou bien de la graine de manager ?

Sommes-nous de simples managers, ou bien de la graine d’entrepreneur ?

Et nos collaborateurs ? Ne sont-ils que des poules, ou bien des aigles en puissance ?

Serait-il possible de faire grandir des aigles dans un « open space », plutôt que dans un environnement tourné vers le court terme (CDD détourné, Intérim, précarité de l'emploi) ?

Et si l’on aidait nos salariés à devenir ce qu'ils sont vraiment, afin de rendre nos entreprises
plus performantes…

Notre conclusion ne consiste pas à dire qu’un aigle vaut mieux qu’une poule, mais plutôt : « Devenons qui nous sommes vraiment »…

10/02/2010

La tempête de GIORGIONE

 

A la demande de Joëlle Fino, fondatrice de l'association Arte Fabrica, et afin de soutenir le projet d'un sculpteur plein de promesses, Charles Malherbes, un groupe d'amateurs éclairés, de chefs d'entreprise, de professions libérales s'est réuni et a tenté d'analyser un tableau célèbre qui a influencé les Maîtres de la Renaissance et interpelle encore nos contemporains, tout en restant une énigme: « LA TEMPÊTE de GIORGIONE ». L'animateur était Marcel MANTIONE, dit MANTIONE d'ARAGON, critique d'art et peintre.

La méthode d'un psychanalyste hongrois, Balint, a contribué à inspirer cette analyse de groupe sous la conduite d'un animateur: Qu'ont-ils vu? Qu'ont-ils dit?

Au premier plan, à droite, une jeune femme dévêtue, désirable, allaîte un nourrisson. Ses bras maternels l'entourent . Son beau visage encadré d'une chevelure blonde est incliné vers lui. Mais elle nous regarde, pensive.

A gauche, un homme jeune, vigoureux et d'allure désinvolte, habillé d'une veste rouge, un long baton à la main, passe. Il tourne son regard vers la scène de la maternité. Une rivière ravinée les sépare.

Au fond l'orage gronde, un éclair illumine une ville lointaine. A moyenne distance, un mince pont longiligne relie les deux berges bordées d'arbres frémissants. Entre la passerelle et les personnages, des éléments ruiniformes, deux colonnes brisées...A l'avant plan, de l'eau noirâtre inquiète.

 

Certains analysants trouvent que l'atmosphère est chaude et lourde en cette fin de journée d'aôut. Pour certains, les acteurs apparaissent détachés sur l'avant-scène. Pour d'autres, au contraire, ils sont insérés dans le paysage, auréolés de verdure.

 

Les couleurs sont ensuite détaillées: le bleu-gris du ciel et de l'horizon, puis les ocres de la terre en avant, le vert ambré de la végétation intermédiaire. Des glacis tachetés et subliminaux diffusent une lumière globale et scintillante. La perspective, atmosphérique et cavalière est affirmée par des gradients de couleurs et de tonalités. Un discret Sfumato contribue à donner vie au tableau.

Le groupe hésite, reste perplexe devant la structure de ce tableau et les orientations à prendre.

L'animateur évoque alors un poème de Jean-Paul Labaisse, fait en 2006, sur cette oeuvre:

C' est une campagne étrange, en des temps anciens,

Avec un ciel plein d'épais et pesants nuages,

Peu de soleil sur ce paysage incertain

Au loin se lève le vent et gronde l'orage...”

Ce texte descriptif et romantique n'apporte pas d'éléments supplémentaires malgrè sa beauté formelle.

Un texte de Philippe Sollers, proposé ensuite, retient l'attention du groupe, précise les personnages et les lieux: la mère qui allaite,le jeune homme au baton, la rivière qui les sépare, l'éclair. Il précise des identifications possibles. Au sujet du nourrisson il s'écrit: < Vous êtes obligé d'être cet enfant ..>. Il se pose la question sur l' homme: < Est-ce un père?, un fils?, un passant? >. Son imagination évoque des tours, des palais. Il s'élève au niveau du Mythe : < Au premier plan, les Humains, mortels, dans les coulisses, Dieu ou les dieux. Destin, Hasard, Saison, Nature, l'éclair est un Serpent qui révêle les Eternités différentes de l'Homme et de la Femme >...

Le groupe reprend sa marche en avant: Oui, il ya une nette différenciation des Sexes.

Certes il y a un Pôle Humain, un Pôle Nature.

Il prend conscience de la force allégorique des Mythes. Une participante voit une véritable

< Fuite en Egypte > , et le caractère sacré d'une Famille.

Un autre évoque < Adam et Eve chassés du Paradis > sous la colère de Dieu.

L'Eclair révèlerait-il la présence d'un dieu ( Zeus ) ou de Dieu ? C'est alors qu'on parle de la courbe de Fibonacci, courbe hélicoïdale de Vie. Elle partirait de l'éclair, s'avancerait en tournoyant vers nous, entrainant dans sa construction : les nuages, ( premier cercle ), la courbe des arbres, ( deuxième cercle ), et enfin les Humains, ( troisième cercle ), nous révélant le Mythe de la Création.

On s'interroge aussi sur les relations des êtres vivants entre eux.:

Les cuisses écartées de la Femme sont interprétées comme une attitude de séduction. La posture de l'Homme qui parade lui répond en écho. L'éclair serait le coup de foudre qui réunirait ces deux êtres. L'image du pont reprendrait un nouveau sens. La présence de l'enfant ne serait-elle pas une conséquence de leur rencontre?

Le Fantasme de castration parait une suite logique au fantasme précédent pour l'enfant, uni au sein maternel, et pour l'adulte qui se retourne sur son passé. Les colonnes brisées témoignent de cette angoisse devant un géniteur tout puissant.

Le troisième fantasme visible serait le Fantasme d'abandon : Abandon du couple fusionnel mère/enfant par le père qui passe, désinvolte, laissant un paysage de ruines.

Ces trois fantasmes qui animent ce tableau ont-ils des chances de sortir de l'imaginaire du peintre

ou du groupe pour trouver des traces dans la réalité vécue par lui?

Mais qui est-il donc? se demande-t-on.

Giorgione est le fils naturel d'une paysanne et d'un patricien, de la famille Barbarelli. Il est élevé

auprès d'une élite épicurienne et raffinée, entouré de paysages somptueux. Elève de Bellini, il est le condisciple du Titien puis son maître. Peintre génial, le “ grand et beau Georges” est aussi un musicien accompli. Il est fidèle à sa maîtresse jusqu'à sa mort survenue en 1510, à l'age de 33 ans.

Pourrait-on assimiler l'homme à fière allure à son père?

Et la femme d'extraction modeste à sa mère?

Un tableau de Giorgione, appelé “ La Vecchia” , semblerait confirmer cette hypothèse, car au dos de ce tableau, inscrit de la main de Giorgione, on découvre l'identité du modèle : La vieille femme est sa mère. La ressemblance de celle-ci et de la femme qui allaite montre qu'il pourrait s'agir de la même personne, et l'enfant ne serait alors que Giorgione lui-même.

La TEMPÊTE” serait l'Histoire recomposée de GIORGIONE BARBARELLI par lui-même et ses Fantasmes primordiaux, baignant mystérieusement dans une Allégorie des Origines.

18:11 Publié dans peinture | Lien permanent | Commentaires (0)

03/02/2010

proverbe sicilien

proverbe Sicilien:

Il faut de l'air dans une église mais pas au point d'éteindre des bougies....


Traduction:

 je suis patient mais il ne faut pas exagérer...