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22/08/2008

L'homme qui voulait devenir heureux

Je viens de lire un livre exceptionnel. Il s’agit de l’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle aux Editions Anne Carrière.
Je ne connais pas Laurent Gounelle et mon avis est vraiment objectif.
Il présente de manière simple et astucieuse les règles de base pour devenir heureux. Il nous sensibilise à l’importance de l’image de soi, il nous incite à devenir positif, il nous pousse à oser.
Sa référence à l’Evangile de Matthieu est fabuleuse :
« ...deux aveugles le suivirent, en criant : « Aie pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut dans la maison, les aveugles l'abordèrent, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? »
Ils répondirent : « Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! »
L. Gounelle rajoute que Jésus ne dit pas : « Moi, Jésus tout puissant, j’ai le pouvoir de vous guérir. » Non, il leur demande s’ils croient qu’il a ce pouvoir, puis il leur dit qu’ils obtiendront ce en quoi ils croient. C’est très différent.
C’est écrit simplement. Il ne se pose pas en donneur de leçon. Au contraire, il se positionne comme « l’homme qui voulait devenir heureux ».

Le livre que j’aurais aimé écrire.

06/08/2007

Le transsibérien n’est pas un train

Je viens de réaliser un vieux rêve: prendre le Transsibérien de Moscou à Vladivostock puis prendre le bateau pour le Japon.
Le voyge a été super et dans le train j'ai écrit vces quelques lignes...

Le transsibérien n’est pas un train. Il ne permet pas de franchir des distances. Il permet de s’évader et de profiter d’un espace temps, inconnu jusqu’à présent.

Le transsibérien n’est pas un train. Il est prétexte à voyager en soi. S’il permet d’observer des paysages monotones, des vieilles isbas brinquebalantes, des enclos qui ne protègent pas grand-chose, des silhouettes étranges et silencieuses, en revanche le véritable voyage est intérieur.

Le transsibérien n’est pas un train. La destination et l’itinéraire importent peu. Seul le départ compte. Seul le voyage représente le tout.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est une invitation à la méditation, à la réflexion sur le temps qui passe. Les heures s’écoulent et les journées aussi, ponctuées par les cérémonies de l’arrêt en gare, de la découverte des préparations culinaires, de la négociation où le rouble devient la langue universelle. Les cérémonies de la nuit, de la toilette, du thé grâce au samovar toujours rempli d’eau bouillante sont autant de pauses aux heures qui défilent.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est un havre de paix où règnent la langueur, l’indolence, la paresse… Pourrai-je finir de lire l’ouvrage que j’ai emporté ? Je ne le sais, mais ce que je sais, c’est que la lecture me prive de la sensation du temps qui s’écoule, c’est une activité qui m’empêche de jouir de l’instant présent. Ne rien faire est la plus belle des activités et rien ne doit l’interrompre.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est l’arche de Noé couplé à la Tour de Babel, c’est un joyeux mélange de nationalités et de langues différentes, de sourires complices, d’attentions prévenantes, de regards gourmands, d’une volonté retenue de communication. C’est le partage du temps, de l’instant vécu de la même situation où le spectateur devient acteur.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est un immense restaurant où l’ensemble des participants ripaillent, grignotent, goûtent, comparent, échangent, boivent, trinquent à l’amitié, à la fraternité universelle, où le thé coule à flot beaucoup plus que la vodka.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est un immense dortoir où règne une léthargie bienfaisante. C’est une halte dans le vacarme assourdissant de la vie professionnelle où le tumulte des passions l’emporte sur le repos réparateur avec pour seule ritournelle la rencontre mélodieuse du rail avec les roues : les grincements monotones du train bercent mon corps d’une langueur monotone…

Le transsibérien n’est pas un train. C’est une fabuleuse expérience de vie, vie collective et paradoxalement vie individuelle, vie où la solitude se décline en groupe, vie où le recueillement est multiplié par un nombre impressionnant de participants.

Le transsibérien n’est pas un train. C’est le lieu de rencontre de notre conception de la vie. Le positif appréciera ce qui est de meilleur dans cette nouvelle situation et le négatif trouvera peu d’intérêt à cette situation incongru et manquant singulièrement de confort.

Les grincements monotones du train bercent mon corps d’une langueur monotone…

09/02/2007

Soulages

Hier, j’ai visité le Musée Fabre à Montpellier avec un groupe de chefs d’entreprise. Et nous avons surtout admiré les œuvres de Soulages.
Vous connaissez Soulages. C’est le spécialiste du noir. Mais pas n’importe quel noir. Le noir noir, le noir profond, le noir obscur, le noir qui se joue de la lumière, le noir qui éclate de brillance, le noir qui se fait tout petit, le noir qui est énorme, le noir en bandes, le noir vertical, le noir horizontal.
Fermez les yeux devant une toile de Soulages puis ouvrez les. Le noir a changé. Ou peut-être vous. Mais peu importe, ce qui est important, c’est le changement. Le changement du noir qui redevient noir. Quittez la toile et revenez la revoir. Ce n’est plus le même noir que vous reverrez.
Les toiles sont ruptures. Il y a un avant le noir et un après le noir. L’éclairage spécial organisé autours de ces noirs donne une musicalité silencieuse. La toile se déguste. On la lit, on l’écoute, on la touche virtuellement. La peinture se détache de la toile. Elle vient au devant de vous, elle danse sous vos yeux ébahis, elle chante une douce mélodie.
Et devant ce tintamarre de couleurs, vous vous sentez petit.
C’est de l’art. Respect.