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25/10/2011

Le pensé simple et l’imparfait du subjectif

 

Un des outils principaux du manager est souvent le « Ya ka ».

Dupont a de mauvais résultats dans tel domaine : « Ya ka » le former.

Durand arrive systématiquement en retard chaque matin : « Ya ka » le lui faire remarquer.

Dubois coûte trop cher au regard de ce qu’il rapporte : « Ya ka » le licencier…

 

Ce « ya ka » relève du domaine du « pensé simple ».

 

La réalité est plus complexe : la distance se révèle grande entre la décision et l’action, puis entre l’action et le résultat.

 

Dès lors que l’humain entre en ligne de compte, la subjectivité apparaît avec sa zone d’incertitude et de difficultés, et correspond à « l’imparfait du subjectif ».

 

L’acte de décision est l’acte le plus important de tout manager, lequel est sans cesse amené à choisir.

 

Tout manager essaye de rationaliser sa décision et s’aide de tableaux comparatifs pour évaluer telle ou telle décision. Cette démarche semble aisée pour comparer deux investissements sur des matériels, en comparant leurs rendements au regard de leurs coûts respectifs.

 

Mais,  très souvent, une part d’irrationnel entre en ligne de compte dans la décision. Cette part d’irrationnel fait appel à l’histoire du manager : formation, éducation, personnalité, échecs, succès, motivations, freins, moyens… Ainsi, un autre manager aurait tranché différemment. C’est pour cela que bon nombre d’études de marchés ne sont réalisées que pour confirmer l’intuition du dirigeant de créer tel ou tel produit… C’est pour cela que de nombreux business plans ne sont établis que sur l’insistance d’un banquier alors que le dirigeant a déjà pris sa décision de façon très subjective.

 

Parfois la décision s’impose d’elle-même au grand soulagement des protagonistes. Plusieurs cadres hésitent à trancher entre deux bons candidats, chacun avançant des arguments pertinents, aussi bien en leur faveur qu’en leur défaveur. La situation semble bloquée quand ils apprennent qu’un candidat se désiste, ayant accepté un emploi grâce à un employeur plus rapide dans sa prise de décision… C’est donc celui qui demeure candidat qui sera choisi, à la plus grande satisfaction des décideurs.

 

Dans un groupe, les décisions stratégiques, tactiques ou opérationnelles sont prises de manière autoritaire, majoritaire ou à l’unanimité, et bénéficient de l’échange entre les membres.

 

Les décisions individuelles sont les plus difficiles à prendre (surtout dans l’urgence) car, dépassant le pensé simple et l’imparfait de subjectif, elles conditionnent le présent immédiat…

13:46 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

26/05/2011

Faut-il être équanime en entreprise ?

 

 L'Équanimité, l'égalité d'âme, d'humeur, est une disposition affective de détachement et de sérénité à l'égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable.

 

Cette acceptation totale de ce qui est ne signifie pas, pour autant, être indifférent ou passif. Elle est liée à la compréhension, à l'ouverture et à la clarté.

 

Etre équanime, c’est se trouver en mesure de savoir où, quand et comment agir. Ce n'est pas vouloir changer ou contrôler les choses selon nos souhaits. C'est accepter les choses simplement comme elles sont.

 

Véritable principe philosophique, l’équanimité a-t-elle sa place dans l’entreprise ?

 

Le salarié équanime applique, bien évidement, les règles et les principes de fonctionnement en vigueur dans l’entreprise. Il n’a pas d’état d’âme, respecte les procédures, applique à la lettre les consignes relatives à la démarche qualité… Il estime que ce qui existe a été conçu pour le bien de l’entreprise, dans l’intérêt de la direction et des salariés. L’équanimité devient, en quelque sorte, un principe de vie utile pour la bonne marche de l’entreprise.

 

Mais l’entreprise ne se prive-t-elle pas de la capacité de remise en question de ses salariés ? L'esprit critique bien utilisée est porteur d’améliorations constantes. La volonté de perfectionner l’existant est un acte moteur si elle ne s’accompagne pas de revendications injustifiées.

 

Nous croyons fermement que les salariés portent en eux les solutions aux problèmes existant dans l’entreprise. Nous croyons qu’ils n’expriment pas assez leurs idées d’amélioration. Tout ceci est regrettable. Cette posture est soit liée à une écoute discrète de la direction qui ne suscite pas l’expression des salariés, soit le résultat d'une prudence des collaborateurs qui évitent d’endosser le rôle du revendicateur.

 

Pourtant, un dialogue au quotidien devrait permettre de ne pas se contenter de ce qui est, de ce qui existe. Refusons l’équanimité dans l’entreprise pour que, tous ensemble, nous puissions nous fixer des objectifs ambitieux, travailler dans de meilleures conditions, fluidifier la communication, donner du sens au travail individuel et collectif.

 

Soyons des équanimes vigilants, apprécions ce qui est bien, mais ne nous en contentons pas. Atteindre l’inaccessible étoile, voilà le véritable défi de toute entreprise…

 

 

 

18:57 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

07/02/2011

Synergologie, science pour les recruteurs ou pour les gogos ?

 

D’après les synergologues, mentir provoque une micro démangeaison au niveau du nez. Une personne en flagrant délit de mensonge éprouvera du mal à s'empêcher de se toucher le nez en parlant.

 

Exemple : le discours de Bill Clinton quand il affirme effrontément qu'il n'a jamais entretenu de relations sexuelles avec Monica Lewinsky.

 
De la même manière, il est très difficile de regarder quelqu'un droit dans les yeux quand on ment.

  
En revanche, toujours d’après ces fameux synergologues, quelqu'un qui se caresse une mèche de cheveux montre qu'il se sent à l'aise, qu’il est bien avec vous.

 
Alors qu’une personne qui réfléchit et qui met le doigt sous la lèvre inférieure montre qu’elle est en pleine réflexion pragmatique et qu’elle cherche une solution à un problème.

 
Mais si cette même personne qui réfléchit pose son doigt sur la lèvre supérieure, cela veut dire qu’elle est en pleine réflexion spirituelle et qu’elle cherche le sens de quelque chose.

 

La synergologie est une discipline relevant du champ de la communication et dont l'objet est d'appréhender le fonctionnement de l'esprit humain à partir de la structure du langage corporel. Le terme « synergologie » a été construit à partir des racines grecques « syn », « ergon » et « logos », pour traduire l'idée d'un « être ensemble, être actif en situation de discours ».

 

C’est Philippe Turchet qui a proposé le terme de synergologie en France dans les années 1990, après des travaux de recherche doctorale en science politique.

 

Que penser de ces travaux et de ces conclusions ? Surtout dans le domaine du recrutement comme il pourrait le proposer pour évaluer un candidat.

 

Il me semble abusif de prétendre décoder tout geste conscient ou inconscient de notre candidat. Il me semble prétentieux d’affirmer comprendre tout ce que son corps exprime.

 

Le comportement humain est trop complexe pour permettre une lecture aussi élémentaire.

 

Seuls les gogos pourraient avaler - et digérer - ce genre de propos.

 

En revanche, conseiller de s’intéresser à l’autre pour améliorer la communication me paraît plus pertinent. Et s’intéresser à l’autre signifie essayer de comprendre ce qu'il exprime avec ses mots, ses images, son vocabulaire, son débit, son rythme, son souffle, ses silences, ses attitudes, ses mimiques, son regard, son sourire, ses gestes, ses lapsus, ses hésitations, son assurance, ses habits, sa coupe de cheveux, son maquillage, sa poignée de main, la propreté de ses chaussures…

 

Tout ce qu’ « émet » le candidat est un message qu’il convient de comprendre mais qui ne figure dans aucun dictionnaire. Chaque message devient alors un indice que tout bon communiquant doit recueillir, mettre en corrélation avec les autres indices, afin d’en tirer une synthèse, sans a priori ni préjugé.

 

Et si « évaluer » consistait surtout à s’intéresser au candidat ? Mais pour cela, encore faut-il l’« apprécier » pour ce qu'il est vraiment…

 

Le seul intérêt de la synergologie consiste probablement à nous rappeler que l’autre est au centre de notre relation. Et non notre modeste personne

 

Florian MANTIONE

17:33 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (4)