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28/04/2008

TECHNIQUES EXOTIQUES POUR LES GOGOS

L’astro machin, comme la numéro chose ou la morphopsycho bidule ne sont que des attrapes -nigauds.
Pour évaluer un candidat, le recruteur a besoin d’utiliser des outils complémentaires pour apprécier le savoir, le savoir-faire et le savoir- être, et non des gadgets.
En fait, ces gadgets exotiques relancent l’éternel débat de l’inné et de l’acquis. En quoi le fait d’être né le 12 août 1949 à Carthage me prédestinait-il à être comme ceci ou comme cela ? En quoi le fait que mes parents aient décidé de me prénommer Florian me prédestinait-il à être comme ceci ou comme cela ? En quoi la forme de mon nez me prédestine-t-il à être comme ceci ou comme cela ? (On se souvient avec indignation des conséquences d’une telle utilisation durant la Seconde Guerre Mondiale…).
Je crois plus volontiers que notre personnalité est la résultante de plusieurs facteurs : ma famille, mon éducation, mes amis, mes échecs, mes réussites… ont développé ce que Michel Serre a appelé mon « habit d’Arlequin » où chaque morceau rapiécé a renforcé mes traits de caractère. Le recruteur a donc intérêt à reconstituer le puzzle ou, tout au moins, le maximum de pièces de cet habit d’Arlequin !

Faut-il classer la graphologie dans les gadgets exotiques ?
Non, car cela n’a rien à voir ! Pour les trois gadgets cités, le candidat n’est pas acteur ; il subit sa date, son heure et son lieu de naissance, il subit son prénom et son nom, il subit la forme de son visage. En ce qui concerne l’écriture, il est acteur : c’est lui qui écrit, c’est lui qui occupe l’espace dans la page, c’est lui qui forme les lettres, c’est lui qui définit les marges…
En fait, la graphologie est un test projectif.
Ceci dit, sans être un ardent défenseur de la graphologie, j’estime qu’elle constitue un éclairage complémentaire, et c’est tout !

Et même si certains astrologues affirment travailler pour des recruteurs, ne vous faites pas gruger. Ils sont en mal de reconnaissance et espèrent faire passer ainsi l’idée que c’est devenu une pratique courante. Aucun recruteur sérieux, membre d’un syndicat professionnel et bénéficiant d’une expérience et d’outils d’évaluation plus conformes à la déontologie, n’utilise de telles pratiques.

En tout cas, au sein du Florian Mantione Institut, notre position est très claire et nous préconisons de :
-Ne jamais utiliser le tri graphologique car le recruteur risque de passer à côté d’un candidat intéressant. D’autant que l’on n’est jamais sûr qu'une lettre ait été rédigée par le candidat lui-même.
-Procéder à une analyse graphologique à partir d’une lettre rédigée dans son propre bureau. Ceci nous garantit deux choses : que c’est bien le candidat qui a rédigé ce document, et que le « protocole » utilisé par tous les candidats demeure le même : chacun écrit sur une feuille blanche, sans utiliser une feuille quadrillée en dessous. En effet, à son domicile, le candidat peut utiliser une feuille quadrillée sous sa feuille blanche et obtenir ainsi des lignes parfaitement parallèles, une belle marge à gauche bien homogène ainsi qu’une splendide marge à droite…
-Utiliser toujours le même ou la même graphologue pour des analyses graphologiques. Ce qui est intéressant, c’est que la comparaison se fasse avec le même « outil ».
-Privilégier l’analyse graphologique pour aider à choisir et non pour aider à éliminer. Dans notre Cabinet, l’analyse graphologique est utilisée sur demande de notre client et uniquement pour départager deux candidats entre lesquels notre client hésiterait.

09:08 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

26/02/2008

Le patron de PME est un équilibriste

L’image commode du patron est celle du chef d’orchestre. Il coordonne le travail de ses collaborateurs. Il les fait travailler au même rythme. Il les fait jouer sur sa partition, laquelle évolue en fonction du marché. Il les fait répéter. Il encourage, tempête, sanctionne, félicite. Il partage avec eux les applaudissements du public…

Une autre image pratique du manager est celle du pilote. Il part d’un port pour aller vers un autre port, sélectionne une équipe, choisit le meilleur pour chaque fonction (et chaque titulaire de poste est essentiel), se sépare en cours de route des « boulets »… Chaque membre de l'équipage imagine le bateau à sa manière : qui un paquebot, qui une galère, qui un hors bord, qui un pédalo…

Ces deux images ont certes leur intérêt. Mais si le véritable rôle du patron était celui d’équilibriste ? En effet, l’entreprise n’est pas ce modèle figé où chacun remplit sa fonction. L’entreprise serait plutôt un système où chaque élément est en inter relations avec les autres, un système en perpétuel déséquilibre. De l’extérieur, l’ensemble pa rait parfait, bien équilibré, doté d'un projet d’entreprise bien clair, comme par exemple : satisfaire ses clients en produisant tel produit à tel coût et pour telle part de marché comme ambition… De ce fait, l’ensemble des collaborateurs devrait être mobilisé pour réaliser ce projet. Dans la pratique, que constatons-nous ?

Chaque commercial pense que son secteur est étriqué, que les autres vendeurs sont plus avantagés. Chaque commercial passe son temps à râler, à rédiger des rapports qui expliquent pourquoi il ne peut pas faire son chiffre compte tenu de la concurrence, de ses prix qui sont trop élevés, du manque de moyens dont il dispose…

Chaque cadre, en interne, plutôt que d’améliorer l’existant, rédige un rapport démontrant son manque de moyens humains, matériels et financiers, alors que les autres services se livrent à une gabegie éhontée…

Et, unanimement, tous s'accordent à affirmer que le salaire est bien plus bas que la moyenne dans leur secteur d’activité !

Les démissions succèdent aux licenciements, les accords transactionnels aux procédures prud’hommales, la grogne syndicale à l’absentéisme…

Que de temps passé à discuter, à négocier, à calmer, à encourager, à s’énerver…
Et le client dans tout cela ? Qui s’en occupe ?

Ainsi va la vie du patron, contraint d’exercer son numéro d’équilibriste au jour le jour, lui qui se voyait stratège, grand négociateur, fin diplomate…

Florian MANTIONE

14:01 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (4)

06/10/2007

Le marché, quatrième blessure narcissique de l’homme

Freud affirmait que la psychanalyse représentait la troisième blessure narcissique infligée à l’orgueil de l’homme dans la mesure où il prenait conscience que l’inconscient lui dictait ses actes…
Freud rappelait la première blessure en citant Copernic qui ne mettait plus l’homme au centre de l’univers et la deuxième en citant Darwin qui rabaissait l’homme au statut d’animal pensant.
Et si la quatrième blessure narcissique de l’homme venait du marché ?
Chaque manager s’enorgueillie de gérer ses projets de manière logique, rationnelle grâce à des outils de gestion longuement étudiés dans les meilleurs écoles. Chaque manager croit que ses résultats sont le fruit de ses grandes capacités managériales.
Nul ne songerait à lancer un nouveau produit sans étude de marché. Il est exclu de démarrer une activité nouvelle sans business plan. Une entreprise se pilote à l’aide de budget, en mesurant des écarts. Les collaborateurs sont devenus des ressources humaines qu’on organise, dynamise, évalue, fait grandir…
Et si les performances des entreprises étaient liées non pas à leur mode de management mais à leur adéquation au marché ?
En quoi Bill Gates est le plus grand des managers ? Possède t il des techniques révolutionnaires qui lui ont permis de devenir un des hommes les plus riches de la planète ? Pas du tout. Son entreprise est tout simplement en adéquation avec un marché en pleine expansion.
Les dirigeants d’IBM d’aujourd’hui sont ils de moins bons managers que ses créateurs ?
Pas du tout. La diminution des effectifs de la Compagnie est il le résultat d’un mode de management plus déficient qu’auparavant ? Pas du tout. Seul le marché a dicté les décisions des managers…
Connaissez vous les techniques de management de Larry PAGE et de Sergey BRIN ? Non ? Vous avez entendus parler de ces jeunes gens, je suppose ? Ils avaient 26 ans quand ils ont créé leur entreprise en 1999. Aujourd’hui ils sont richissimes. Leur secret ? Comment recruter les meilleurs collaborateurs ? Comment bien négocier avec les tiers ? Comment bien planifier une activité ? Vous n’y êtes pas. Ils ont tout simplement créé un super moteur de recherche appelé Google. Ils étaient en phase avec le marché le plus dynamique de la décennie.
Bien sûr, vous pouvez me dire que finalement le secret du meilleur manager est d’être en adéquation avec son marché et c’est cela le principal.
Oui. Et c’est bien ce que je veux démontrer. Les qualités personnelles du manager sont réduites, ainsi, à leur plus simple expression.
Et le marché ouvre une plaie béante dans l’ego de l’homme en souhaitant la bienvenue à la quatrième blessure narcissique…

15:23 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (2)