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15/04/2007

Les erreurs de Ségo, de Buffet, de Sarko et des autres

Partons du postulat que les hommes politiques souhaitent que les Français voient leurs conditions s’améliorer, et notamment grâce à leurs décisions.
En ce qui concerne l’emploi, nos trois candidats ont tout faux, et les autres également.
La première propose d’augmenter le SMIC à 1 500 euros bruts mensuels dans les 5 ans.
La deuxième propose encore mieux : 1 500 euros nets !
Le troisième affirme que pour gagner plus, il faut travailler plus.
L’augmentation du SMIC est un piège qui pousse les salariés à attendre, avec plus ou moins de patience, que leur rémunération augmente. Ils n’ont aucun effort à faire et se contentent de leur travail sans envisager d’en changer, de progresser.
Travailler plus est une solution à court terme qui s’opère au détriment d’autres activités qui apportent un équilibre nécessaire.
La solution que je propose est tout autre : il ne faut pas travailler plus, mais travailler autrement.
On a eu tort de se contenter de saucissonner l’entreprise en différentes fonctions : le commercial, les achats, les RH, la R et D, la comptabilité…
On aurait intérêt à considérer que chaque poste de travail comporte une part d’exécution, une part d’initiative, une part de management, une part d’organisation, une part de décision…
Ainsi le travailleur posté devant une machine aurait une très grande part d’exécution et le chef d’entreprise une très grande part de décision dans leur répartition des tâches.
Le SMIC devrait rémunérer, selon moi, la part d’exécution du salarié qu’il soit débutant ou confirmé, autodidacte ou diplômé…
Et pour faire évoluer le salaire, il est conseillé au salarié de voir évoluer sa fonction, car le salaire évolue en fonction des responsabilités quels que soient le diplôme, l’âge ou l’ancienneté.
Vous allez me dire que c’est plus facile pour un diplômé qu’un autodidacte, c’est vrai. Mais à quoi sert la formation si ce n’est à faire progresser les salariés. Grâce à cette conception de la répartition du travail, car c’est de cela qu’il s’agit, une plus grande rotation s’exercerait qui permettrait une entrée plus facilitée pour les postes « simples » et une progression collective pour tous les autres postes.
Ce genre de disposition relève d’une utopie réaliste. Il ne tient qu’à nous à la mettre en œuvre !

09:55 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

16/02/2007

Je rêve d’une entreprise idéale

Je rêve d’une entreprise idéale dont l’objectif principal ne serait pas constitué par la simple recherche du profit, même si elle a conscience de son importance.

Je rêve d’une entreprise idéale où les collaborateurs seraient managés, plus avec des relations de confiance qu’avec des relations basées sur la méfiance, le contrôle et la culpabilisation

Je rêve d’une entreprise idéale qui respecterait et encouragerait la différence entre ses membres plutôt que la pensée unique représentée trop souvent par celle de son dirigeant…

Je rêve d’une entreprise idéale où les salariés sauraient exactement ce que font leurs collègues, où la communication serait privilégiée par rapport à l’opacité

Je rêve d’une entreprise idéale qui encouragerait ses salariés à progresser et à s’épanouir au sein d’elle-même plutôt que de les cantonner dans leur seul domaine d’expertise.

Je rêve d’une entreprise idéale qui encouragerait ses salariés à progresser et à s’épanouir à l’extérieur d’elle-même, dans la vie associative par exemple, même si le temps passé le serait, en partie, au détriment d’elle-même.

Je rêve d’une entreprise idéale qui gèrerait le temps de ses salariés en fonction de leurs contraintes et de leurs objectifs et non uniquement par rapport à des objectifs de production : horaires aménagés, temps partiel, temps choisi, cumul pluriannuel des congés, congés sabbatiques, préparation à la retraite…

Je rêve d’une entreprise idéale qui partagerait équitablement le fruit du travail en commun

Je rêve d’une entreprise idéale qui ne chercherait pas à croître à tout prix, à être plus grosse ou plus forte qu’une autre, mais une entreprise qui cherche davantage à être juste, cohérente, claire dans son projet et dans sa politique,

Je rêve d’une entreprise idéale qui s’aimerait pour ce qu’elle est et ce qu’elle a été, et non pas seulement pour ce qu’elle pourrait devenir,

Je rêve d’une entreprise idéale qui accepterait son passé et inventerait tous les jours son futur dans l’ici et le maintenant, puisant son énergie et son rayonnement dans le bonheur de ses salariés, de ses clients, de ses fournisseurs.

Je rêve d’une entreprise idéale qui serait un acteur du développement économique de sa région et qui assumerait ses responsabilités en préservant nos ressources naturelles.

Je rêve, également, de salariés matures qui comprendraient les contraintes économiques de la gestion d’une entreprise

Je rêve de salariés qui ne se contenteraient pas de faire de la présence dans leur entreprise mais auraient la fierté du travail bien fait

Je rêve de salariés qui tirent dans le même sens leur entreprise sans zèle excessif mais sans traîner des pieds

Je rêve de salariés adultes ne s’arque boutant pas sur des avantages acquis mais s’adaptant en fonction des évolutions du marché

Je rêve de salariés, ambitieux pour eux et pour leur entreprise, souhaitant progresser, pour eux et pour leur entreprise et qui comprennent que leurs intérêts sont communs

Je rêve d’un bonheur partagé, d’un bonheur terrestre éphémère, d’un bonheur qui ne soit pas gâché par l’ego démesuré ou les calculs à court terme de certains.

Je rêve d’hommes et de femmes bien dans leur peau, dans leur vie personnelle et dans leur travail.

Est-ce trop espérer ? Cela le serait si on attendait passivement l’utopie se réaliser. Mais je demeure persuadé que de plus en plus d’hommes et de femmes pensent comme moi et tentent de décloisonner notre société et agissent de manière positive. Le seul véritable enjeu serait celui du nombre. Le véritable rêve serait celui d’une majorité d’acteurs qui marcheraient dans la même direction.

12:15 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (1)

18/12/2006

Imagination et travail au mérite

« L’homme n’est pas fait pour travailler ; la preuve, c’est qu’il se fatigue » disait Sacha Guitry.
La relation de l’homme au travail me fascine et m’interpelle quotidiennement.
Quand j’étais étudiant, j’ai réalisé deux stages un même été. L’un chez FIAT à Turin, l’autre chez BLUE CROSS à Louisville dans le Kentucky. Quand un salarié arrivait une minute en retard, FIAT lui retenait ¼ d’heure de salaire. Ce qui fait qu’il y avait la queue devant la machine à café… pour les retardataires qui « consommaient » entièrement leur pénalité. Chez BLUE CROSS, lorsqu’un salarié était ponctuel durant tout un mois, on lui offrait une demie journée de vacances…
Ces deux réponses, face à un même problème, résonnent toujours en moi plus de 30 ans après. Quelle est la meilleure sanction à utiliser pour inciter les collaborateurs à travailler, sachant que le mot sanction concerne aussi bien la récompense que son contraire ?
La carotte et le bâton demeurent toujours d’actualité mais on peut s’interroger sur leur efficacité. Du reste, les managers font très peu preuve d’originalité pour imaginer des systèmes de motivation.
Faut il des primes sur objectif, des stocks options, de l’actionnariat, de la reconnaissance ? Ou peut être ne faudrait il rien du tout ?
Les employeurs ont souvent utilisé différents systèmes de motivation mais avec un résultat insatisfaisant voire décevant…
Et si on innovait, si on délirait ?
Dans la TPE et la PME je commencerai à me préoccuper du moteur individuel de chaque salarié. A quoi marche –t-il ? Qu’est-ce qui le pousse à travailler ? Contractuellement sa rémunération correspond à sa contribution. Mais si on souhaite qu’il dépasse sa simple présence par de la véritable performance encore faut il un système incitatif. Et qui mieux que lui nous dira ce qui pousserait un salarié à mieux travailler ?
Imaginons un système à la carte où chaque salarié pourrait choisir sa sanction : de l’argent, de la formation, des vacances, un abonnement à une revue, une carte de visite, une place de parking dans la cour de son entreprise, sa photo dans le journal interne, une promotion, un plan de carrière, un titre plus ronflant…
La seule conscience professionnelle ne résiste pas à l’épreuve du temps, et chacun d’entre nous sait ce qui le pousserait à faire un effort, à agir plus et mieux.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas imaginer une partie de la rémunération au mérite en choisissant ensemble la sanction ? Pourquoi ne pas profiter de l’entretien annuel d’évaluation ou du nouvel entretien professionnel pour définir, ensemble, une démarche « gagnante-gagnante », qui responsabiliserait plus le salarié et qui pourrait évoluer chaque année?

10:19 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)