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06/10/2007

Le marché, quatrième blessure narcissique de l’homme

Freud affirmait que la psychanalyse représentait la troisième blessure narcissique infligée à l’orgueil de l’homme dans la mesure où il prenait conscience que l’inconscient lui dictait ses actes…
Freud rappelait la première blessure en citant Copernic qui ne mettait plus l’homme au centre de l’univers et la deuxième en citant Darwin qui rabaissait l’homme au statut d’animal pensant.
Et si la quatrième blessure narcissique de l’homme venait du marché ?
Chaque manager s’enorgueillie de gérer ses projets de manière logique, rationnelle grâce à des outils de gestion longuement étudiés dans les meilleurs écoles. Chaque manager croit que ses résultats sont le fruit de ses grandes capacités managériales.
Nul ne songerait à lancer un nouveau produit sans étude de marché. Il est exclu de démarrer une activité nouvelle sans business plan. Une entreprise se pilote à l’aide de budget, en mesurant des écarts. Les collaborateurs sont devenus des ressources humaines qu’on organise, dynamise, évalue, fait grandir…
Et si les performances des entreprises étaient liées non pas à leur mode de management mais à leur adéquation au marché ?
En quoi Bill Gates est le plus grand des managers ? Possède t il des techniques révolutionnaires qui lui ont permis de devenir un des hommes les plus riches de la planète ? Pas du tout. Son entreprise est tout simplement en adéquation avec un marché en pleine expansion.
Les dirigeants d’IBM d’aujourd’hui sont ils de moins bons managers que ses créateurs ?
Pas du tout. La diminution des effectifs de la Compagnie est il le résultat d’un mode de management plus déficient qu’auparavant ? Pas du tout. Seul le marché a dicté les décisions des managers…
Connaissez vous les techniques de management de Larry PAGE et de Sergey BRIN ? Non ? Vous avez entendus parler de ces jeunes gens, je suppose ? Ils avaient 26 ans quand ils ont créé leur entreprise en 1999. Aujourd’hui ils sont richissimes. Leur secret ? Comment recruter les meilleurs collaborateurs ? Comment bien négocier avec les tiers ? Comment bien planifier une activité ? Vous n’y êtes pas. Ils ont tout simplement créé un super moteur de recherche appelé Google. Ils étaient en phase avec le marché le plus dynamique de la décennie.
Bien sûr, vous pouvez me dire que finalement le secret du meilleur manager est d’être en adéquation avec son marché et c’est cela le principal.
Oui. Et c’est bien ce que je veux démontrer. Les qualités personnelles du manager sont réduites, ainsi, à leur plus simple expression.
Et le marché ouvre une plaie béante dans l’ego de l’homme en souhaitant la bienvenue à la quatrième blessure narcissique…

15:23 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (2)

15/04/2007

Les erreurs de Ségo, de Buffet, de Sarko et des autres

Partons du postulat que les hommes politiques souhaitent que les Français voient leurs conditions s’améliorer, et notamment grâce à leurs décisions.
En ce qui concerne l’emploi, nos trois candidats ont tout faux, et les autres également.
La première propose d’augmenter le SMIC à 1 500 euros bruts mensuels dans les 5 ans.
La deuxième propose encore mieux : 1 500 euros nets !
Le troisième affirme que pour gagner plus, il faut travailler plus.
L’augmentation du SMIC est un piège qui pousse les salariés à attendre, avec plus ou moins de patience, que leur rémunération augmente. Ils n’ont aucun effort à faire et se contentent de leur travail sans envisager d’en changer, de progresser.
Travailler plus est une solution à court terme qui s’opère au détriment d’autres activités qui apportent un équilibre nécessaire.
La solution que je propose est tout autre : il ne faut pas travailler plus, mais travailler autrement.
On a eu tort de se contenter de saucissonner l’entreprise en différentes fonctions : le commercial, les achats, les RH, la R et D, la comptabilité…
On aurait intérêt à considérer que chaque poste de travail comporte une part d’exécution, une part d’initiative, une part de management, une part d’organisation, une part de décision…
Ainsi le travailleur posté devant une machine aurait une très grande part d’exécution et le chef d’entreprise une très grande part de décision dans leur répartition des tâches.
Le SMIC devrait rémunérer, selon moi, la part d’exécution du salarié qu’il soit débutant ou confirmé, autodidacte ou diplômé…
Et pour faire évoluer le salaire, il est conseillé au salarié de voir évoluer sa fonction, car le salaire évolue en fonction des responsabilités quels que soient le diplôme, l’âge ou l’ancienneté.
Vous allez me dire que c’est plus facile pour un diplômé qu’un autodidacte, c’est vrai. Mais à quoi sert la formation si ce n’est à faire progresser les salariés. Grâce à cette conception de la répartition du travail, car c’est de cela qu’il s’agit, une plus grande rotation s’exercerait qui permettrait une entrée plus facilitée pour les postes « simples » et une progression collective pour tous les autres postes.
Ce genre de disposition relève d’une utopie réaliste. Il ne tient qu’à nous à la mettre en œuvre !

09:55 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0)

16/02/2007

Je rêve d’une entreprise idéale

Je rêve d’une entreprise idéale dont l’objectif principal ne serait pas constitué par la simple recherche du profit, même si elle a conscience de son importance.

Je rêve d’une entreprise idéale où les collaborateurs seraient managés, plus avec des relations de confiance qu’avec des relations basées sur la méfiance, le contrôle et la culpabilisation

Je rêve d’une entreprise idéale qui respecterait et encouragerait la différence entre ses membres plutôt que la pensée unique représentée trop souvent par celle de son dirigeant…

Je rêve d’une entreprise idéale où les salariés sauraient exactement ce que font leurs collègues, où la communication serait privilégiée par rapport à l’opacité

Je rêve d’une entreprise idéale qui encouragerait ses salariés à progresser et à s’épanouir au sein d’elle-même plutôt que de les cantonner dans leur seul domaine d’expertise.

Je rêve d’une entreprise idéale qui encouragerait ses salariés à progresser et à s’épanouir à l’extérieur d’elle-même, dans la vie associative par exemple, même si le temps passé le serait, en partie, au détriment d’elle-même.

Je rêve d’une entreprise idéale qui gèrerait le temps de ses salariés en fonction de leurs contraintes et de leurs objectifs et non uniquement par rapport à des objectifs de production : horaires aménagés, temps partiel, temps choisi, cumul pluriannuel des congés, congés sabbatiques, préparation à la retraite…

Je rêve d’une entreprise idéale qui partagerait équitablement le fruit du travail en commun

Je rêve d’une entreprise idéale qui ne chercherait pas à croître à tout prix, à être plus grosse ou plus forte qu’une autre, mais une entreprise qui cherche davantage à être juste, cohérente, claire dans son projet et dans sa politique,

Je rêve d’une entreprise idéale qui s’aimerait pour ce qu’elle est et ce qu’elle a été, et non pas seulement pour ce qu’elle pourrait devenir,

Je rêve d’une entreprise idéale qui accepterait son passé et inventerait tous les jours son futur dans l’ici et le maintenant, puisant son énergie et son rayonnement dans le bonheur de ses salariés, de ses clients, de ses fournisseurs.

Je rêve d’une entreprise idéale qui serait un acteur du développement économique de sa région et qui assumerait ses responsabilités en préservant nos ressources naturelles.

Je rêve, également, de salariés matures qui comprendraient les contraintes économiques de la gestion d’une entreprise

Je rêve de salariés qui ne se contenteraient pas de faire de la présence dans leur entreprise mais auraient la fierté du travail bien fait

Je rêve de salariés qui tirent dans le même sens leur entreprise sans zèle excessif mais sans traîner des pieds

Je rêve de salariés adultes ne s’arque boutant pas sur des avantages acquis mais s’adaptant en fonction des évolutions du marché

Je rêve de salariés, ambitieux pour eux et pour leur entreprise, souhaitant progresser, pour eux et pour leur entreprise et qui comprennent que leurs intérêts sont communs

Je rêve d’un bonheur partagé, d’un bonheur terrestre éphémère, d’un bonheur qui ne soit pas gâché par l’ego démesuré ou les calculs à court terme de certains.

Je rêve d’hommes et de femmes bien dans leur peau, dans leur vie personnelle et dans leur travail.

Est-ce trop espérer ? Cela le serait si on attendait passivement l’utopie se réaliser. Mais je demeure persuadé que de plus en plus d’hommes et de femmes pensent comme moi et tentent de décloisonner notre société et agissent de manière positive. Le seul véritable enjeu serait celui du nombre. Le véritable rêve serait celui d’une majorité d’acteurs qui marcheraient dans la même direction.

12:15 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (1)